L’homosexualité et la foi chrétienne
On l’a vu dans le documentaire « faites du bruit pour Jésus » comment les québécois en général et les chrétiens évangéliques ont des vues opposés sur la question de l’homosexualité. Le reportage parlait de « dialogue de sourds ». Et les québécois sont parfois choqués des réponses un peu simplistes des chrétiens. Ce qui m’amène à réfléchir sur la question aujourd’hui.
Les non-chrétiens disent que l’homosexualité c’est une orientation ou une attirance naturelle dont la pratique a lieu entre personne consentante et qui ne regarde qu’eux. Cela ne fait pas de mal.
Les chrétiens disent souvent que c’est un « péché », i.e. un « écart » par rapport à ce que Dieu juge bon et juste. C’est « manquer le but » désigné par Dieu pour l’épanouissement et la stabilité de l’homme et la femme. Et au-delà même, de la pérennité d’une nation.
Le dialogue de sourd vient des deux présupposés de base différents. Pour le non-chrétien, c’est « l’attirance » qui détermine les pratiques sexuelles. C’est l’autonomie du « Moi ». Pour le chrétien, c’est Dieu, le créateur des humains, qui défini les bonnes pratiques sexuelles en fonction de qui nous sommes (comment il nous a créé) et dans quel but nous existons (notre finalité).
Les croyants adhèrent à la tradition judéo-chrétienne sur laquelle notre culture québécoise s’est construite. Ils s’intéressent à ce que la Bible dit sur l’homme, Dieu et sa volonté pour l’humanité. La Bible enseigne que Dieu a créé l’homme et la femme et qu’ensemble sont image de Dieu. « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux, ne deviendront qu’une seule chair ». (Ge 2)
On le voit clairement. Pour Dieu, c’est « ensemble » qu’ils sont « image de Dieu ». C’est ensemble qu’ils s’épanouissent. C’est ensemble qu’ils se multiplient. Alors toute orientation ou pratique sexuelle qui s’éloignent de ce projet est un « écart » (pour être gentil), un péché, voire une rébellion ouverte vis-à-vis la volonté de Dieu. Cela dit, c’est probablement pour plusieurs le résultat d’une ignorance/méconnaissance de Dieu et de sa volonté (spécialement dans le contexte québécois du rejet de Dieu et de sa Parole).
Reconnaître cette pratique en disant que c’est une attirance, un désir, une identité ressentie n’est pas un fondement solide pour la justifier moralement. Certains ont des attirances sexuelles envers les enfants, les animaux, les morts. Et toutes les sociétés leurs ont toujours refuser le droit de laisser libre court à leur penchant, même si cela a pu leur sembler « naturel » ou faire partie de leur identité. Certains ont des désirs destructeurs (addiction, jalousie pathologique, etc.). Le fait qu’un désir soit non-choisi, profondément ressenti ou « naturel », ne le rend pas légitime, ni moralement acceptable. Cela vaut pour l’homosexualité même si c’est librement consenti.
Je terminerai avec deux arguments, l’un rationnel, l’autre culturel pour montrer comment la simple observation de la nature, la logique et la pensée chrétienne confirme la nécessité de se questionner sur la pratique homosexuelle.
Argument rationnel
C’est contre la nature. Le corps de l’homme et de la femme sont créés pour aller ensemble. Ils s’agencent parfaitement pour une union sexuelle, leur physionomie et leur anatomie s’ajustant naturellement pour ce but. Ce n’est pas le cas pour une relation entre deux personnes du même sexe.
C’est stérile. La reproduction et la transmission de la vie humaine se fait uniquement par l’union d’un homme et d’une femme. La sexualité d’un homme et d’une femme est ce qui permet à l’espèce humaine de survivre et de continuer. Ce qui n’est pas le cas d’une relation entre deux personnes du même sexe.
La conception nécessite la participation d’un père et d’une mère. Cette implication auprès du bébé naissant et de l’enfant qui grandit est tout aussi nécessaire et indispensable à son épanouissement. Instrumentaliser l’un ou l’autre des parents pour le besoin de la fécondation ou reconfigurer la famille autour d’un couple de même sexe, c’est nier le droit de l’enfant à cette présence complémentaire par laquelle il a été conçu.
Argument Biblique/historique
L’ancien testament l’interdit explicitement (Lv 18.22; 20.13). L’apôtre à Paul dans le nouveau testament dit que son usage est contre nature (Rom 1.26-27). Il dit aussi que ce comportement est incompatible avec les valeurs du royaume de Dieu (1 Co 6.9-10; 1 Tim 1.10).
La tradition juive et chrétienne ont toujours considéré que la pratique de l’homosexualité, était contraire à la volonté de Dieu. Jésus, aussi confirme la vision de la Genèse sur l’homme et la femme. Son silence sur la question reflète son adhésion à cette unanimité qui régnait à son époque. Bref, ce consensus n’est pas quelque chose de nouveau. Il a toujours été depuis le début de la foi judéo-chrétienne qui est la plus ancienne révélation a être parvenue jusqu’à nous toujours vivante.
En conclusion, le débat est « sourd » parcequ’il est entre l’autonomie défaillante de la raison et la pensée régénérée par la Parole de Dieu. Il est entre le règne de la subjectivité individuelle et les fondements millénaires de notre tradition religieuse.
Nos attirances fluctuent. Plusieurs sont destructrices. Tous les êtres humains ont des désirs désordonnées, et tous ont besoin de la grâce et de la puissance de Dieu pour les surmonter. Nous sommes tous nés avec des attirances naturelles. L’homosexualité est l’une d’elles. Jésus dit que nous pouvons « renaître de nouveau » (Jean 3.3) avec le désir de marcher avec Dieu dans sa volonté pour aimer en vérité.
Finalement, mentionnons que l’homosexualité n’est pas non plus le « péché impardonnable », que les gens cheminent sur ce sujet à leur rythme et que c’est seulement Jésus qui peut convaincre et changer les cœurs par rapport à ce sujet. Allons à lui.
Bruno Synnott
Pasteur à l’ECSL