Prier tout seul à la maison ? Comment briser la solitude?
On l’entend souvent de la part de partisans d’une laïcité stricte : « que les chrétiens nous foutent la paix sur la place publique ». Martineau disait notamment à Emmanuel Ouellet l’évangéliste en entrevue à QUB : « Est-ce que vous êtes obligé d’emmerder tout le monde ?! ». « On a le droit à une sainte paix quand on se promène dans les lieux publics ! ». (1)
Martineau, j’aime ton franc parler ! Mais ta position tranchée m’interroge. Pendant que les chrétiens chantent et partagent la bonne nouvelle de Jésus, il y a un problème grandissant et urgent dans la société auquel ils essaient de répondre…
La solitude
La solitude est devenue une « épidémie ». Au Québec, selon un sondage, 40 % des personnes sondées disent « se sentir seules ». Le taux des 18-34 ans monte à 50 %. Le problème, c’est que la solitude vient rarement seule. « Non seulement la solitude nuit à la santé physique et mentale, dit-il, augmentant le risque de démence de 50 % et de maladies cardiaques de 30 %, mais le phénomène est également à la racine de nombre de nos maux les plus pernicieux, notamment la violence, les dépendances et l’extrémisme ». « L’antidote, a-t-il souligné au New York Times, réside dans les liens humains. » Cet expert, c’est le Dr Vivek Murthy, « médecin en chef » aux États-Unis sous deux présidences. (2)
C’est un fléau social. À l’hôpital où je travaille, on voit constamment arriver des gens seuls, isolés, vivant dans des conditions douteuses, sans filet social, parfois toxicomanes, parfois avec une fragilité entre les deux oreilles.
L’IA m’informe que : « Des études solides démontrent que la pratique religieuse et les communautés ecclésiales protègent contre l’isolement :
• Une large étude internationale (Scientific Reports, 2025, Global Flourishing Study, plus de 180 000 personnes dans 22 pays) montre que les personnes religieuses sont systématiquement moins seules et moins isolées socialement que les non-religieuses. Se sentir aimé par un Dieu personnel atténue même les effets négatifs de la solitude sur la santé physique et mentale.
• Aux États-Unis, le State of the Bible (American Bible Society, 2024) indique que seulement 12 % des personnes qui vont à l’église chaque semaine déclarent une solitude élevée, contre 25 % chez celles qui n’y vont jamais. L’engagement biblique réduit de plus de moitié les niveaux élevés de solitude.
• Des recherches longitudinales sur les aînés (Rote et al., National Social Life, Health and Aging Project) montrent que la fréquentation religieuse augmente les réseaux sociaux et le soutien, ce qui médie la baisse de solitude. Une assiduité stable est associée à moins de solitude ; une baisse de fréquentation l’aggrave.
• Au Canada, le rapport Cardus (2025-2026) documente que les églises sont déjà en première ligne. Les responsables estiment qu’environ 20 % de leurs fidèles sont isolés ; 64 % considèrent la solitude comme un défi croissant (73 % chez les répondants francophones). Concrètement, elles offrent des visites pastorales (89 %), des groupes de discussion (84 %), de l’accueil, des cafés après le culte, des repas et des programmes informels qui créent des liens. » (3)
Le christianisme, un antidote à la solitude
Pour finir, il est fort à parier que cantonner l’église dans la sphère privée ne va pas aider à diminuer le fléau. Voici 3 arguments en faveur d’encourager les chrétiens dans leur mission d’aller et de partager la bonne nouvelle :
1- Si les chrétiens ne peuvent plus s’exprimer en public ou aller vers les gens dans la rue, cela va contribuer à rendre les églises de plus en plus invisibles. Faut-il rappeler que notre société québécoise a été longtemps forte des réseaux d’entraide initiés par les églises, les synagogues, etc. Marginaliser davantage les lieux de culte va priver les gens seuls, qui pourraient bénéficier d’une communauté d’entraide, de la possibilité de trouver des amis ou des ressources précieuses.
2- La visibilité, l’invitation ouverte, les activités publiques et le témoignage faits respectueusement ne briment en rien les gens. Ils offrent au contraire un service essentiel et une relation communautaire à des gens qui n’auraient autrement jamais franchi la porte d’une église par eux-mêmes. Les gens tolèrent les manifestations pro-palestiniennes, les spectacles de rue, les bands sur les terrasses, etc. Est-ce que la proclamation d’un Dieu d’amour qui sauve les humains de la séparation d’avec Dieu en Jésus-Christ, elle, nuit à la paix publique ? Au contraire, elle est une plus-value.
3- Ceux qui qualifient la proclamation de la Bonne Nouvelle de « prosélytisme » négligent de dire que c’est une proclamation pour la paix. La paix avec Dieu, la paix entre les individus. La paix entre les nations. Dieu aime toutes les nations, toutes les cultures, toutes les classes sociales. Ils nous invitent à vivre ensemble animés par un même esprit de paix à l’image de Jésus-Christ.
Conclusion
Est-ce qu’il y a un lien entre la solitude et le sentiment d’être malheureux ? Oui, les gens seuls, isolés, qui ont de la difficulté à se faire des amis, les nouveaux immigrants ou ceux qui se demandent c’est quoi leur raison de vivre… sont plus malheureux. L’église existe pour tous, mais aussi pour eux, pour leur dire que Dieu les aime et qu’ils ont une famille prête à les accueillir, à leur donner l’occasion de participer à la vie communautaire autour de valeurs telles que l’amour.
À l’ECSL, on t’attend !
(1) Près de 40 % des Québécois se sentent seuls, La Presse : https://lp.ca/89ResF?sharing=true
(2) QUB : https://youtu.be/Duwsp_QoWvA?si=41XP2jfybVy2EWv0
(3) Grok